• Le faiseur de rêve 2

    Chapitre 1 : ici

    Partie 2

    « _ Je suis Césaria ! L’impératrice des plantes si vous voulez savoir bande d’ignorants ! » Cria la fleur en se repoudrant, un miroir dans les mains.

    Peter ne répondit rien et se contenta de demander à la rose le chemin pour se rendre chez la sorcière.

    « _ Impolis ! hurla l’impératrice en foudroyant les deux garçons du regard. Sortez d’ici, c’est un ordre ! »

    Soudain, toutes les fleurs de la serre s’animèrent. Elles tirèrent la langue et répétèrent en chœur : « Sortez ! Sortez ! Malpolis ! » Jules qui avait reprit ses esprits se leva. Il jeta un regard interrogateur à Peter qui haussa les épaules en signe d’incompréhension. C’était la première fois qu’il venait dans cette forêt et ne connaissait pas les coutumes locales. Les deux enfants retournèrent d’où ils venaient. Mais, avant de sortir de la serre, Peter s’arrêta brusquement. Il s’accroupit devant une fleur, plus petite que les autres. C’était un pissenlit jaune, profondément endormi. Peter caressa délicatement les pétales de la fleur jaune qui se réveilla en sursaut. Quand elle vit Peter, elle devant rouge de timidité.

    « _ Sais-tu où se trouve le repère de la sorcière ? » demanda-t-il avec douceur.

    Le pissenlit se tortilla dans tous les sens, hésitant, puis pointa finalement l’ouest avec sa tête. Peter remercia la petite plantes et sortit d’une de ses poches un flacon rempli d’un liquide rose. Il en déversa quelques gouttes sur la fleur qui vraisemblablement, se rendormie heureuse et satisfaite.

    Les deux garçons se remirent en route en suivant la direction indiquée. Dès lors, ils entrèrent dans une toute autre dimension de la forêt. Plus d’herbe, plus d’arbre fleuri, la terre sèche et les troncs déracinés avaient pris leur place. Il y avait même des ronces qui barraient le chemin.

    Enfin, Peter et Jules arrivèrent devant une chaumière à l’allure effrayante.

    « _ C’est ici, annonça Peter en s’approchant de la fenêtre. Il faut essayer d’entrer discrètement. Éloigne-toi Jules. »

    Le garçon s’exécuta mais demanda pourquoi ils ne sonnaient pas directement. Peter répondit en grimaçant : « C’est une sorcière pardi ! Un peu de bon sens. » Jules n’en avait jamais vu mais il crut en l’expérience de son ami. Il alla se cacher derrière des ronces. Peter vérifia l’intérieur de la maison, la sorcière semblait occupée. Il respira un bon coup puis grimpa sur le toit en passant par la gouttière. Il se dirigea vers la cheminée. Alors qu’il s’apprêtait à descendre, deux oiseaux gigantesques perchés non loin de là piquèrent vers Peter. Jules essayant de le prévenir mais s’était déjà trop tard. Le jeune garçon dégringola du toit et tomba violemment sur le sol. Les deux volatiles se posèrent pile à l’emplacement de la cheminée. Peter, déterminé, tenta plusieurs fois de passer. Il essaya diverses façons mais se retrouva à chaque fois par terre. Les oiseaux n’étaient pas stupides.

    Finalement, Peter abandonna et rejoignit Jules dans sa cachette. Il s’assit par terre et se mit en boule.

    « _ Si je n’ai pas de poudre de sommeil, les gens ne rêveront plus jamais et dormiront très mal. » fit-il désespérément.

    Jules le regarda en souriant tristement, et lui rappela qu’il restait encore un moyen simple de se procurer cette poudre magique. Malgré la résistance de Peter, les deux enfants se retrouvèrent bientôt devant la porte de la sorcière, à frapper.

    Une petite femme ronde leur ouvrit. Jules s’attendait à voir un monstre hideux, une femme horrible avec des verrues sur le nez et des poils sortant des oreilles. Finalement, il se retrouva devant une femme toute à fait banale à part son chapeau pointu et son intérieur glauque. La femme avait la trentaine. Elle avait des cheveux roux crépus et portait un tee-shirt rose trop court pour elle. Elle invita les deux enfants à s’assoir et les fixa du regard. Voyant que son camarade ne disait rien, Jules prit la parole.

    « _ Nous cherchons de la poudre de sommeil. N’en auriez-vous pas en stock par hasard ? »

    La sorcière se gratta le menton. Soudain, son visage s’illumina et un large sourire augmentant le nombre de ses rides apparut.

    « _ En effet, j’en ai un sac il me semble. Dit-elle en ricanant.

    _ Chouette ! s’écria Jules. Nous aimerions en a…

    _ Mais rien n’est gratuit les enfants. » Continua la sorcière.

    Jules se raidit. Peter bougonna furieusement : « Tu vois… » La sorcière sourit de plus belle en voyant les visages dépités des deux garçons.

    « _ Mais ce n’est pas impossible pour vous les jeunes ! Si vous me trouvez une pierre de lune, je vous cèderais le sac. Il parait que l’on en trouve seulement dans l’autre monde, c’est trop loin pour moi. » Dit-elle en fouillant dans ses papiers afin de trouver une photo de l’ingrédient qu’elle convoitait.

    Jules croisa les bras en réfléchissant. Ce nom ne lui était pas inconnu. Enfin, la dame revint et ouvrit un livre ancien. Les garçons se penchèrent sur un dessin.

    « _ Mais oui ! C’est ça ! » Cria soudain Jules.

    La sorcière sursauta de peur et Peter renversa sa chaise. Jules sortit de sa poche la bille qu’il avait gagnée auparavant. Il la leva au plafond.

    « _ Cette bille est la pierre de lune ! C’est comme ça qu’on l’appelle ! » Dit-il euphorique.

    La sorcière la prit en tremblant puis sauta de joie. Elle se remit immédiatement à préparer sa potion. Peter n’en revenait pas. Il fit un sourire à Jules, sa bonne humeur était revenue. La sorcière revint et embrassa Jules sur le front. Elle donna le sac de poudre de sommeil. Ils discutèrent quelques instants afin de faire connaissance. Peter et la sorcière se trouvèrent pleins de points communs et devinrent vite amis.

    Puis, l’heure de s’en aller pour Jules arriva. Peter tourna une nouvelle fois la clé et Jules repassa par la porte de lumière. Les trois amis se firent de grands signes d’au revoir. Soudain, tout tourbillonna autour de Jules. Les images devinrent floues puis disparurent complètement. Il eut juste le temps d’entendre Peter une dernière fois.

    « _ Je suis content de t’avoir rencontré ! A un de ces quatre Jules ! »

    Un rayon de lumière entra dans la pièce et tapa sur le visage de Jules. Il se réveilla, l’esprit tout embrumé.

    « _ Bien dormis ? Demanda sa mère qui venait d’entrer. Tu avais l’air agité cette nuit. »

    Jules se remémora les aventures avec le faiseur de rêve. « Ce n’était qu’un rêve. » se dit-il en se levant. Il se prépara comme tous les matins à aller à l’école. La récréation était redevenue bruyante et Max racontait comme à son habitude un nouveau rêve. Cette fois-ci, il était devenu un chasseur de dragons.

    « _ Moi, j’ai rêvé du faiseur de rêve ! » interrompit Jules en rigolant.

    Il allait raconter ses péripéties quand soudain quelqu'un l’attrapa par le bras et le traîna jusqu'au terrain de bille. C’était son adversaire de l’autre jour.

    « _ Je te défie pour récupérer la bille que j’ai perdu l’autre fois ! » cria-t-il avec ardeur.

    Jules accepta la revanche et mit la main dans sa poche. C’est alors qu’il découvrit qu’elle était vide. La pierre de lune avait mystérieusement disparue !

    Fin

    Irinadas

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